Epreuve TSQ : (1998)

La femme africaine

Wali, tôt le matin, accompagnait sa mère à la plantation. C’était loin ! Combien de kilomètres ? Il n’ y a pas de bornes là-bas en brousse et personne n’ y a la notion des distances. Il fallait partir un peu avant le lever du soleil car le chemin était long. Le père, lui, restait au village. Wali n’avait jamais compris pourquoi le père disait que travailler la terre n’était pas affaire d’homme. Qu’il n’y avait eu que les Blancs pour avilir la race en forçant les hommes à cultiver le champ du Comman­dant. Mais que c’était fini. Les choses devaient entrer dans l’ordre établi par les anciens : les hommes à la guerre, à la chasse, et à la pêche. Les femmes à la planta­tion, aux enfants et à la cuisine. 
Aux champs, les femmes du village avaient les reins courbés toute la jour­née Binant et sarclant, elles arrosaient de leur sueur la terre rouge d’où germerait ce qu’elles auraient encore à traiter seules, avant de le préparer. Lorsque le soleil était haut dans le ciel, elles s’arrêtaient. Sous un manguier, elles partageaient avec les enfants le morceau de manioc et de poisson fumé qu’elles mastiquaient lentement, en silence, le regard fixé sur un arbre ou un caillou. Et l’après-midi, à l’heure où la sieste est fraîche à l’ombre, le travail recommençait. Loi dure, implacable, à la­quelle aucune ne tentait de se soustraire, bien que nulle chicotte ne fût alentour. 
Le retour au village ressemblait à l’aller. La mère toujours ployant sous le faix, une cuvette sur la tête. Au village, les hommes attendaient, sous un hangar à toit bas, les calebasses de vin de palme à leurs pieds. Ils parlaient haut et fort, comme s’ils allaient se battre. Quelques uns, las de la palabre, s’endormaient sur leur chaise longue.

Henri Lopês ; « La nouvelle romance »

QUESTIONS

I.- Compréhension 
1°/ Pourquoi les hommes ne vont-ils pas aux champs ? A quelles activités se livrent-ils au village ? (1pt + 1 pt) 
2°/ a) En vous appuyant sur ce texte, définissez la place qui est réservée à la femme africaine dans la société traditionnelle. (2 pts) 
b) Relevez quelques expressions justifiant votre réponse. (2pts)

II.- Vocabulaire 
3°/ Donnez l’homonyme du mot faix. (2 pts) 
4°/ Indiquez les éléments constituant le mot « implacable ». (2 pts) 
5°/ Remplacez dans les phrases ci-dessous, selon le sens, les pointillés par chacun des verbes : emporter, apporter, rapporter, ramener. 
a) Issa rentre d’une longue promenade ; sa soeur lui ...... à boire. (1.5 pt) 
b) Wali accompagne sa mère au champ ; mais elle n’y peut rester longtemps car la faim l’a ....... très vite à la maison. (1.5 pt) 
c) Le grand tourbillon de ce matin a ........ le joli foulard de maman. : (1.5 pt) 
d) Papa revient du champ, il nous .......... beaucoup de patates. ’ (1.5 pt)

III.- Grammaire ou maniement de la langue 
6°/ Remplacez dans les phrases suivantes les mots ou groupes de mots soulignés par un pronom personnel. 
a) Lorsque le soleil était haut dans le ciel, elles s’arrêtaient. (1 pt) 
b) Elles arrosaient de leur sueur la terre rouge.(1 pt) 
c) la mère revenait du champ ployant sous le poids d’une cuvette remplie de manioc. (1 pt) 
7°/ Mettez au style indirect le passage « les choses devaient entrer dans l’ordre établi par les anciens » en le commençant par : le père dit (1) que.... (1 pt) 
8°/ « II n’y a pas de bornes là-bas en brousse et personne n’y a la notion de distance ». 
Remplacez la coordination par la subordination en faisant apparaître un rapport logique de conséquence puis de cause. (1 pt + 1 pt) 
9°/ Effectuez la transformation passive de cette phrase : « Binant et sarclant, les femmes arrosèrent de sueur la terre ». (2 pts)

N.B. (1) Pour la septième question du maniement « dit »est au présent de l’indicatif.

 

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